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lundi 30 mai 2011

Constantin Chiriac fêté par la Belgique !

Par la réussite de "son" festival international de théâtre, mais aussi par le rôle essentiel qu'il a joué dans la désignation de SIBIU comme capitale culturelle européenne en 2007 puis dans la concrétisation du programme ambitieux et la poursuite des retombées importantes pour la région et le pays, Constantin Chiriac a acquis une solide réputation à la fois d'organisateur, de développeur de projets, de "recruteur de partenaires financiers" et de meneur d'équipes. Sa force de conviction est spectaculaire et sa tenacité sans bornes, à l'image de son audace à déplacer des montagnes dans des conditions souvent difficiles.

Ceux qui le fréquentent ici se demandent s'ils n'a pas un frère jumeau ou alors un solide don d'ubiquité car on le retrouve à la fois au four et au moulin, à la moindre rencontre avec des créateurs... mais aussi sur scène dans des rôles imposants. Même si la ville est petite, le chauffeur attitré ne manque pas de travail ! Et son équipe trinque tout autant que lui. Car il a su bien s'entourer.

Parmi ses préoccupations, la Belgique a visiblement une place importante. On le croise souvent chez nous et le programme de chaque édition comporte des compagnies (cette année le Théâtre National et la compagnie Chaliwaté) et intervenants venant des trois régions de notre pays. C'est pourquoi, dans un beau concert commun, l'Ambassadeur de Belgique, Philippe Beke, et la Déléguée Wallonie-Bruxelles, Fabienne Reuteur, se sont sympathiquement associés pour le fêter et lui remettre, au coeur du festival qu'il dirige, la médaille d'OFFICIER DE L'ORDRE DE LA COURONNE.

Cérémonie simple, empreinte d'une solide émotion et partagée par toute l'équipe du festival mais aussi de nombreux participants étrangers.

Bravo Constantin. Tu fais partie de ces bulldozers qui renversent les obstacles parce que tu crois profondément à ce que tu fais et que, quelles que soient les armes que tu utilises, tu le fais toujours avec la profonde et sincère conviction que c'est pour le bien de "ta" ville, de ton pays et plus généralement du théâtre et de ses créateurs.



Après un (excellent) vin d'honneur offert par le festival, le jubilaire, l'Ambassadeur et la Déléguée ont tenu à poser en compagnie des comédiens du spectacle Le chagrin des ogres, dignes représentants de notre Théâtre National dans le cadre de ce festival.

vendredi 4 juin 2010

Du rire intelligent au regard sur la société

Les contrastes sont parfois saisissants au festival de SIBIU. Mais toujours le public répond présent.
Ainsi, ce matin, fidèle à la volonté de servir les écritures contemporaines et le livre (les activités se multiplient ici sur ce plan, et ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre !), une anthologie est publiée avec les versions originales et la traduction en roumain... qui est mise en lecture publique dans la cave remarquable d'une librairie du centre-ville.
Ce matin, c'était un texte de chez nous à l'honneur : CETTE VIEILLE MAGIE NOIRE de Koffi Kwahulé. Difficile de savoir si une telle pièce a une chance d'être montée en Roumanie, mais je peux en tout cas témoigner de l'intérêt de la discussion qui a suivi la lecture. J'y ai pris part avec plaisir pour resituer le contexte et la place de cette pièce chez l'auteur.


On me demande souvent comme je fais pour me débrouiller avec la langue roumaine dans de telles situations. Ben... je fais des progrès dans la compréhension lorsque les gens ne parlent pas trop vite. C'est quand même une langue romane, et en plus je ne suis pas tout à fait étranger au sujet abordé. Pour les spectacles, la plupart sont sous-titrés en anglais et puis je peux aussi me reposer sur les indications que me donnent des amis comme Daniela Magiaru, enseignante, traductrice et spécialiste du théâtre de... Matéi Visniec. Merci Daniela !

Côté spectacle, je n'ai pas été emballé par une proposition italienne proche du théâtre action des années 80 en Belgique. Mais les deux comédiens avaient certainement un talent qui pourrait être mieux exploité.
Par contre, le Pyramus et Thisbe 4 you, du théâtre de l'Odeon à Bucarest m'a beaucoup amusé. De l'humour intelligent (malgré quelques longueurs), mais aussi une petite leçon de dramaturgie avec un regard critique sur l'enseignement du théâtre. Quel plaisir de pouvoir diriger une belle et nombreuse équipe de comédiens pour "s'offrir un dessert théâtral" comme celui-là. Je n'en reprendrais pas à tous les repas, mais une fois de temps en temps, qu'est-ce que ça fait du bien !


Plus sérieux par contre le soir, avec 20/20. J'aime voir de jeunes équipes utiliser le théâtre pour parler de problèmes de société qui les touchent. Ici, il s'agit d'incidents entre Roumains et Hongrois qui ont dégénéré dans une ville roumaine. Ces conflits, basés sur de vieilles rancoeurs, sur des préjugés, sur la difficulté de se connaître même entre voisins, donnent un spectacle qui ne tient pas tout à fait la longueur (si les temps de jeu sont captivants, les longs récits diluent l'intérêt, surtout via les sous-titres), mais je n'ai pas du tout regretté ces deux heures dans une friche industrielle.


Et comme de coutume, la soirée s'est terminée par les "mitches" et la bière locale, ici en compagnie de Jean-Louis Collinet, directeur de notre Théâtre National (et accessoirement Carnièrois d'origine tout comme moi), Bernard Debroux, directeur d'Alternatives Théâtrales, et Georges Banu, l'indispensable et omniprésent médiateur pour tous ces gens de théâtre étrangers qui envahissent Sibiu à l'occasion de son festival !

jeudi 3 juin 2010

Deuxième journée au festival de Sibiu

Beaucoup d'activités aujourd'hui. Une réunion de travail le matin, un déjeuner avec le professeur Sorin Alexandrescu, directeur du Centre d'excellence de l'étude de l'image (et ancien professeur au Pays-Bas), une rencontre avec le directeur du festival Constantin Chiriac (notamment en vue d'un focus sur les jeunes auteurs dramatiques belges en 2011), une entrevue improvisée avec Reka Bartha, conseillère du Ministre de la Culture (toujours ma vieille obsession de faire adhérer la Roumanie à la CITF), etc.
Au passage, l'occasion de saluer les jeunes bénévoles qui aident à la réalisation du festival. Ils sont en tout plusieurs centaines paraît-il. Belle mobilisation.

Plusieurs spectacles de rue sympathiques et un très percutant ELECTRA ... que j'avais déjà vu. Où ? Dans une autre vie ? Je n'arrive plus à me souvenir. Mais je n'ai pas regretté de le revoir, d'autant que plusieurs comédiens sont aujourd'hui de belles connaissances retrouvées ça et là dans mes pérégrinations.


Ce festival est décidément le rendez-vous de bien des gens rencontrés par ailleurs. Voici que débarquent les amis acadiens de l'Université de Moncton et du Théâtre de l'Escaouette. Santé/norok aux colporteurs de la culture francophone.

Un concert d'orgue dans l'église évangélique et une petite balade dans ce petit bout de centre-ville dont je ne me lasse pas d'explorer les recoins magnifiquement éclairés le soir avant de regagner mon hôtel.


mercredi 2 juin 2010

De retour au festival de SIBIU, presqu'une tradition

J'aime cette petite ville de Sibiu (avec ses toits qui vous surveillent de leurs yeux bienveillants) et son festival. Sinon, comment justifier le fait que j'y reviens régulièrement depuis plus de dix ans ?
Le petit centre-ville vit à l'heure du festival. On y croise des fanfares, du théâtre de rue, des statues vivantes... à la grande joie des promeneurs.
Mais il y bien sûr aussi de nombreux spectacles en salle, notamment dans le coeur du festival : le Théâtre Randu Stanca, lieu de confluence des festivaliers.
J'y ai vu, hier, mon premier spectacle : Les Bacchantes, d'après Euripides, dans une version revue et corrigée par Mihai Maniutiu. C'est étrange, violent, tonitruant... à un point tel que la barrière du son, fort et omniprésent, empêche (du moins en ce qui me concerne) toute vraie émotion. Et pourtant, j'ai le sentiment que je me laisserais tenter si le grillage de fer n'était pas redoublé par ce volume sonore qui impose une mise à distance "physique" peu propice à se laisser emporter par la fougue du jeu et la force des images.
J'ai aussi vu un sympathique spectacle de théâtre-danse par des jeunes Israéliens. C'est bien ficelé, sans originalité particulière, mais dans un beau mélange de danse traditionnelle et de figures plus "modernes". Un peu d'humour, une histoire dont on comprend l'essentiel : de quoi enthousiasmer les jeunes roumains présents dans la salle. Ce n'est déjà pas mal.
 

De quoi aussi prendre une photo que les réalistes appelleront "floue" et que les branchés considèreront comme "artistique".

vendredi 5 juin 2009

Bienvenue en Roumanie !

Me voici de retour en Roumanie, à Sibiu plus précisément

J'aime ce pays, je m'y sens bien, j'y ai de très bons souvenirs depuis ma première visite en... 1976. Sibiu, en particulier, est une petite ville originale et pleine de charme, qui a retrouvé une nouvelle jeunesse lorsqu'elle est devenue Capitale européenne de la Culture en 2007.
Le festival de Sibiu est pour sa part un événement attachant. Lors de mes premières participations (1998 et 2000), j'avais émis une série d'observations sur l'organisation et la programmation. Que de progrès depuis ! Merci Alicia et toute l'équipe : c'est un grand plaisir pour moi de me retrouver ici.

D'autant que je ne m'y sens pas seul. Non seulement d'autres Belges sont présents, notamment Bernard Debroux, directeur d'Alternatives Théâtrales, mais aussi "mon" auteur d'origine roumaine Matei Visniec. Il est partout en Roumanie comme un roi. En particulier à Sibiu, entre les producteurs roumains, americains francais et japonais de ses textes. Sur la photo, le voici en grand discussion avec l'équipe de Tokyo Acting Troupe KAZE qui va monter quatre de ses pièces à la rentrée. A suivre...