J'aime cette petite ville de Sibiu (avec ses toits qui vous surveillent de leurs yeux bienveillants) et son festival. Sinon, comment justifier le fait que j'y reviens régulièrement depuis plus de dix ans ?
Le petit centre-ville vit à l'heure du festival. On y croise des fanfares, du théâtre de rue, des statues vivantes... à la grande joie des promeneurs.
Mais il y bien sûr aussi de nombreux spectacles en salle, notamment dans le coeur du festival : le Théâtre Randu Stanca, lieu de confluence des festivaliers.
J'y ai vu, hier, mon premier spectacle : Les Bacchantes, d'après Euripides, dans une version revue et corrigée par Mihai Maniutiu. C'est étrange, violent, tonitruant... à un point tel que la barrière du son, fort et omniprésent, empêche (du moins en ce qui me concerne) toute vraie émotion. Et pourtant, j'ai le sentiment que je me laisserais tenter si le grillage de fer n'était pas redoublé par ce volume sonore qui impose une mise à distance "physique" peu propice à se laisser emporter par la fougue du jeu et la force des images.
J'ai aussi vu un sympathique spectacle de théâtre-danse par des jeunes Israéliens. C'est bien ficelé, sans originalité particulière, mais dans un beau mélange de danse traditionnelle et de figures plus "modernes". Un peu d'humour, une histoire dont on comprend l'essentiel : de quoi enthousiasmer les jeunes roumains présents dans la salle. Ce n'est déjà pas mal.
De quoi aussi prendre une photo que les réalistes appelleront "floue" et que les branchés considèreront comme "artistique".

















A suivre...
...ce qui évidemment passionne la foule omni-présente dans les quelques rues piétonnes menant à la Grand'Place. Deux spectacles belges sont à l'affiche : la Compagnie du Mirador avec ISSEO ! et la Fanfare du Commando Fête. Je n'ai pas pu revoir les premiers ici ; mais je peux garantir que les seconds ont mis une ambiance du tonnerre avec une musique jazzy du meilleur cru. Après une très aimable rencontre avec le directeur Constantin Chiriac, certainement surbooké mais qui avait émis depuis plusieurs semaines le souhait de me recevoir, je découvre avec plaisir la création de La femme-cible et ses dix amants (pièce toujours inédite en français) de Matéi Visniec. Une version très intéressante avec un véritable univers théâtral... même si le texte a largement été amputé.
Le soir, c'est à la Citadelle de Cisnadioara (un lieu remarquable) que se déroule un autre spectacle de Matéi (une coproduction Roumanie-USA) : Des chevaux à la fenêtre. De bons moments, et d'autres plus discutables. Mais une belle réussite quand même.
Et bien sûr, comme chaque jour, la soirée se termine en musique (ici avec la fanfare catalane) dans la cour du Randu Stanca, avec une bonne bière et quelques "mitches"... pour franciser jusqu'à la nourriture !


